lecture linéaire le Pont Mirabeau Alcools Apollinaire

Elsa LORILLARD Par Le 09/06/2021

Voici quelques idées de procédés pour réaliser une lecture linéaire du Pont Mirabeau in alcools d'Apollinaire. Pour trouver des idées pour l'introduction, vous pouvez taper "apollinaire" dans le moteur de recherche

 

Problématiques possibles:

Comment la vision du Pont Mirabeau permet-il de faire émerger le souvenir un amour perdu à jamais ?

Comment l'expérience personnelle du poète fait écho aux sentiments universels ressentis lors de l'échec amoureux ?

 

 

I) La réminiscence d'un amour passé v1-6

a) L'élément déclencheur du souvenir v1-2

*CCL "Sous le Pont Mirabeau" introduit par la préposition "sous" qui évoque un lieu dans lequel le poète ne se situe pas ou plus.

*"coule" verbe d'action présent de l'indicatif vérité générale: rapidité de la réminiscence qui revient comme un flot

*"La Seine" en position sujet: l'élément liquide favorise la réminiscence

*"Et nos amours": association entre le fleuve et le souvenir amoureux

b) la réminiscence en elle-même v3-4

*"faut-il" verbe d'obligation: montre que la réminiscence est imposée par le lieu et que le poète ne peut lutter

*il m'en souvienne" verbe au présent du subjonctif: le verbe "souvenir" utilisé à ce mode renforce le caractère involontaire de la réminiscence qui s'impose au poète. Le poète subit ce souvenir

*antithèse "la joie/ la peine": le sentiments étaient inversés dans le passé puisque c'était la joie qui primait et non la peine

*"adverbe "toujours": habitude du passé qui ancre l'amour dans une sorte d'état parfait comme le suggère la place du mot "joie" en début de vers

c) avertissement de l'illusion de cette réminiscence v5-6

*1ère fois qu'apparaît le refrain, le lecteur n'a pas encore conscience de la portée qu'il est censé avoir. Il semble presque dissonant par rapport à ce qui est évoqué dans le premier quatrain

*"vienne" présent du subjonctif : sorte d'imploration du poète qui dénote qu'il s'agit uniquement d'un souvenir

*le présent de l'indicatif "vont" "demeure": retour au présent comme si le passé était impossible à conserver

*antithèse entre "vienne, vont" et "demeure": contrainte du poète à vivre dans cette fixité du présent

 

II) L'évocation de l'amour v7-12

a) un amour reliant deux êtres v7-9

*CCM "face à face" / "les mains dans les mains": reflet l'un de l'autre

*cc d'opposition  "tandis que ": réciprocité

*métaphore "le pont de nos bras":  le pont est le symbole de la réunion de deux rives, il est ici créé par les éléments corporels des deux amants ce qui prouve leur union

b) qui semble être inatteignable v10

*adjectif "éternel": l'amour semble durer éternellement

*métaphore "l'onde si lasse" : nonchalance, douceur de l'amour

c) interruption de la douceur de l'évocation v11-12

*effet de répétition du refrain qui revient ici pour la première fois ce qui crée un effet de surprise et vient rompre avec la douceur du souvenir dans lequel le lecteur et le poète venaient de s'installer

*le présent de l'indicatif à valeur d'énonciation ancre le poète dans le présent et fait disparaître les souvenirs de manière instantanée

 

III) La disparition de l'amour v13-18

a) le rapprochement entre l'eau et l'amour v13-14

*verbe pronominal de mouvement "s'en va" répété 2 fois: l'amour est capable d'agir seul et le poète n'a pas d'emprise dessus

*comparaison "comme cette eau courante": l'amour part, coule comme l'eau d'un ruisseau qu'on ne peut arrêter. Ce qui montre une fois de plus l'impuissance du poète.

b) la désillusion du poète v15-16

*paronomase "vie est lente" et "violente" : le poète ne vit plus la temporalité de la même manière depuis qu'il n'y a plus cette réciprocité amoureuse/ La violence de l'Espérance signifie que l'espoir de pouvoir revenir en arrière plutôt que d'accepter la vérité fait plus de mal qu'autre chose.

c) le retour à la réalité v17-v18

*subjonctif présent "vienne " crée un effet de rupture avec le présent de l'indicatif ce qui ramène le poète dans l'instant présent et dans le fait de devoir accepter sa nouvelle condition

 

IV) L'impossible retour de l'amour v19-24

a) la fuite inexorable du temps v19-21

*anaphore du verbe "passent" à l'impératif + emploi du participe passé à valeur d'adjectif qui renforce l'idée "passé" : le temps s'écoule sans qu'on ne puisse rien faire contre cela

*CCT "jour", "semaine": accélération du temps et finalement la temporalité se dissout "ni temps passé" : le poète n'a aucun contrôle de la situation, il est démuni

*adverbe de négation "ni": condamne le poète à accepter qu'on ne peut faire revenir l'amour tel qu'il était

b) le retour au présent immuable v22

*reprise du premier vers "sous le pont Mirabeau coule la Seine": L'élément liquide devient un obstacle entre les deux êtres et ne leur permet plus de se voir, d'être le reflet l'un de l'autre. De plus, cette phrase sonne comme la nécessaire acceptation de la vérité

c) les sentiments du poète v23-24

*le refrain prend tout son sens dans cette dernière évocation. Le son de l'horloge qui vient marquer le temps crée une solennité de l'instant. C'est comme le glas qu'on sonnerait pour marquer la fin de l'amour.